Création artistique

Spectacle

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Auteur : Création collective dirigée par Jean-Marie Doat

Mise en scène : Jean-Marie Doat

Synopsis d'un spectacle sans parole
Le spectacle débute par la construction d'un mobile composé de tiges de bambou posées délicatement en équilibre sur le corps d'une femme. Cette fragile installation est anéantie par une vague noire qui envahit la scène. Elle se retire, abandonnant au centre de l'espace vide, une veste. Deux longs bambous entrent en jeu, triturent la veste. Tentent-ils de trouver l'identité de son ancien propriétaire ? Ce jeu d'interrogation bienveillante dégénère en une partie où la veste voltige d'un bambou à l'autre, puis de main en main. Personne n'en veut ! La compassion a des limites ! A partir de ce moment le spectacle retrace en flash-back l'histoire du propriétaire de la veste. Par petites scènes, petites touches sensibles, le spectateur entre dans le désordre des souvenirs et des rêves de cette jeune femme qui porte  maintenant la veste abandonnée. Elle doit quitter ceux qu'elle aime. Des filmes plastiques forment un écran translucide où l'on devine les silhouettes de trois personnes. Les ombres
floues de ce choeur évoquent les cellules d'un organe palpitant au ralenti dans un mouvement de scission et de fusion, apparemment sans fin. Aux adieux une cellule se détache, l'image de ceux qui restent s’estompe alors pour devenir de plus en plus floue et se dissoudre dans la blancheur de l'écran. La jeune fille part, marquée par l'écho de déflagrations tonitruantes. Écho des bombardement ? Écho de séances de
torture ? Si sa fuite est arrêtée, elle invente une danse trop imprévisible pour ces barrières aux mouvements mécaniques et elle passe. Mais ces frontières continuent à la hanter et son voyage se poursuit dans une forêt de bambous où elle a peur
même de l'ombre de ces tiges mouvantes. Qu'est ce qui au cours du voyage se referme en elle ? Elle fuit, elle se fuit. Elle perd le nord, le sud, se jette en courant dans une spirale qui la ramène à elle-même. Pour se reconstruire, elle se laisse
envahir par ses souvenirs à la recherche de ce qui la fonde depuis toujours. La nostalgie d'une valse convoque les fantômes joyeux des bals de son enfance. Enfin le camp de réfugiés, petite éclaircie avant la tempête qui emporte son abri et semble souffler en elle comme une colère indicible. Parmi les décombres du cyclone, la petite communauté trouve la force de jouer et de repousser vers le ciel des lambeaux de plastique, en soufflant dessus.