Communiqué du 28/07/2020 – La compagnie du Funambule déprogrammée à Sénas pour « délit d’opinion personnelle sur un réseau social ».

Communiqué du 28/07/2020 – La compagnie du Funambule déprogrammée à Sénas pour « délit d’opinion personnelle sur un réseau social ».

 

Les théâtres ont de tout temps et en tous lieux dû lutter contre la censure.

Les marionnettistes ont souvent été appelés à la rescousse car la marionnette pouvait, quand les acteur.trice.s étaient muselé.e.s,  continuer à porter une parole contestataire, à frapper les méchants et à tuer la mort.

Tout le monde a toujours su que c’était « pour de faux ».

Alors nous savons arracher ces baillons, mis en travers des bouches des artistes dont les projets gênent, dérangent, bousculent.

 

Mais comment réagir quand une localité décide de déprogrammer un.e artiste non pas pour le contenu de son spectacle, mais en l’accusant de déverser la haine sur les réseaux sociaux ?

Ces allégations mensongères qui privent le public de Sénas d’une proposition artistique, alors même qu’un.e programmateur.trice a fait un choix de programmation pour son lieu, démontre non seulement une réelle censure mais aussi un irrespect violent d’un.e professionnel.le de la culture et de son territoire.

 

Nous voulons donc aujourd’hui apporter tout notre soutien à la Compagnie du Funambule et à Stéphane Lefranc, personnellement attaqué par un conseiller municipal de la ville de Sénas (Bouches-du-Rhône), qui s’est opposé à la programmation de « Debout Léonie », spectacle de marionnettes et ombres à partir de 2 ans, au Théâtre de l’Eden en avril 2021.

Les marionnettistes ne sont pas des artistes à mettre entre guillemets.

Alors que l’état parle de malnutrition culturelle des enfants notamment en bas âge, de telles incursions des élu.e.s sont impensables et ne doivent pas limiter l’accès à la culture de tous les publics.

Nous demandons donc à M. Philippe GINOUX, Maire de Sénas, d’apporter rapidement une réponse à la lettre que lui a adressée la Compagnie du Funambule le 23 juillet 2020.

 

Nous ne conseillerons pas à nos adhérent.e.s de nettoyer leurs pages personnelles visibles sur les réseaux sociaux. Pour rappel, la liberté d’opinion est un principe de liberté fondamentale garanti depuis le 26 août 1789 par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et par la Déclaration universelle des droits de l’homme depuis 1948.

 

Article publié le 28 juillet 2020.