Création artistique

Spectacle

Peindre d'abord une cage

Collectif NAPEN

Auteur : Jacques Prévert, Joan Miro, Alexander Calder

Mise en scène : Noémie Géron

Sur la place, une cage s’est érigée. Des plumes volent et l’espace se métamorphose. Un ange décharné et un chat malicieux passent par là. Un couple de tourterelles roucoule l’amour absolu et dérisoire.
Des enfants se sont échappés d’un centre pénitencier. La meute des honnêtes gens leur courent après, eux même sont coincés sur une île. Coincés dans leurs petits costumes avec leurs petites idées.
Et tout cela mène le philosophe au bord du gouffre, sa pensée s’enlise et la poésie vient le rattraper.
Les oiseaux, alors, doivent trouver leur acte de liberté, ou de libération. Dans la prise de parole, dans l’acte révolté, dans la meute ou la solitude. Les juges et les curés sont là et il faut leur tenir tête, coute que coute.
Et dans ce vaste capharnaüm, quelque chose peut enfin éclore et le poète regarde tout cela d’un oeil amusé.

Intention

Les oiseaux, comme tous les animaux, sont utilisés en poésie et en littérature pour caricaturer l’humain, montrer ses travers et exprimer des opinions sur la société. Ils nous permettent de produire des archétypes. Chez Prévert, l’oiseau est souvent le symbole de la liberté et de l’indépendance. La position du peintre dans le poème Pour faire le portrait d’un oiseau pourrait être celle du metteur en scène (et de l’artiste en général). En tous cas, ce poème sera un des points de départ important. Les poèmes de Prévert seront notre outil de base, un fondement pour aller dans l’improvisation chercher des images, des situations qui nous permettrons de soulever des questions et tenter d’amener des éléments de réponses.
Mais il n’y a pas que Prévert, il y a aussi le groupe Octobre, la collaboration avec Carné, les oeuvres de Miro et Calder dont le poète nous rapproche dans l’ouvrage Couleurs. Avec le groupe Octobre, Prévert écrivait entre autre à partir de coupure de presse et de citations diverses. La lecture d’Hebdromadaires (Jaques Prévert/André Pozner) est très éclairante sur ce processus que nous pourrons peut-être nous approprier.
Le cinéma s’invite au sein de cet univers poétique. L’ambiance des films est présente par le son, par la musique. Elle nous ramène dans un temps pas si lointain, elle nous décale de l’immédiateté de la représentation. Par les voix, par le masque, nous chercherons les acteurs majeurs des films de Carné et Prévert, les monstres sacrés de cette époque tels qu’Arletty, Michel Simon ou Jean-Louis Barrault.
L’histoire du film inachevé La fleur de l’âge est très intéressante pour parler de la liberté. Le scénario retrace l’évasion d’enfants détenus dans un pénitencier pour mineur à Belle-Ile en 1934. Le poème La chasse à l’enfant en est tirée. L’histoire elle-même amène vers des questionnements sur la liberté… Mais aussi l’intrusion de l’équipe de tournage dans une communauté insulaire des années 50. Prévert dessinait ses scénarios avant de les écrire. Cette méthode va bien avec l’ambition de Carné de créer des « films d’atmosphère ». C’est à l’étude de ses planches mêlant dessins et textes, à partir des scénarios eux même que pourra s’élaborer notre fable.
Les graffitis jubilatoires et les citations sont présents dans la dramaturgie. La parole est tour à tour intime, hurlée, enregistrée. Ne nous privons pas des coups de gueule. Ne nous privons pas de l’intimité avec le spectateur si présent de l’espace extérieur. Tout cela n’est qu’un jeu.

Technique

Spectacle en exterieur, techniques diverses

Distribution

Marie-Laure Bonnin, Florence Garcia, Zoé Grossot


Téléchargements


Diffusion

9-20/11/2020 - Bretagne - Tro Heol