Création artistique

Spectacle

Paradox

Théâtre Mu

Auteur : Ivan Pommet

Mise en scène : nsectes, fourmis, termites et autres blattes. Les manipulateurs sont placés derrière, la marionnette devenant comme un exosquelette. Sur une structure plastique pour soulager d’un peu de poids, les personnages sont construits en résine translucide, laissant la possibilité d’un système de rétro-éclairage rappelant les lucioles ou les vers luisants. Ils sont équipés d’un système sonore autonome, diffusant bruits, sifflements et grognements, chacun dans sa tonalité. En se rapprochant, les voix des bêtes forment ainsi des accords, justes ou dissonants, selon leurs personnalités. Les personnages peuvent exister soit de façon autonome, soit synchronisés. Nous utilisons aussi un moyen technique pouvant donner l’impression qu’ils communiquent sans parler, comme par télépathie. Ils évolueront autour d’une immense marionnette mécanisée, haute de plus de 4 mètres, peut-être la mère fondatrice de cette société. Ces Créatures, par leur particularité lumineuse, possèdent le pouvoir d’illuminer leur environnement. Elles donnent ainsi à voir les choses, l’architecture, les équipements urbains ou la nature d’un autre point de vue, peut-être leur point de vue. Sur une place, en ville, d’étrange cocons apparaissent. A l’intérieur, quelque chose, une forme inanimée, une sorte d’immenses insectes d’une race indéterminée. Soudain, un son venant des crisalides se fait entendre. Une vibration mêlée de sifflements. Les choses scintillent, puis s’illuminent. Doucement, les corps éblouissants se réveillent, se lèvent et et cherchent à sortir de leurs prisons de fil. On assistent alors aux naissances. A l’extérieur, les bêtes explorent alors le monde, étudient l’architecture, observent de près l’humain. Elles déambulent dans les rues, rentrent dans les boutiques, les restaurants, s’approchent intriguées des véhicules. Le public suit leurs pérégrinations, attiré par leur étrangeté lumineuse comme des papillons de nuit autour d’un lampadaire. Les bêtes deviennent des guides pour un troupeau sans crainte comme hypnotisé par l’aspect lunaire de ces créatures. Ces dernières entrainent les gens vers un recoin, un endroit semi clôt où ils découvrent un grand cocon. A l’intérieur, une forme énorme, apparemment la reine de cette ruche. L’inquiétude pourrait donner l’idée au public de se retirer du troupeau, mais en se retournant, il s’aperçoit que d’autres insectes ont rejoint le groupe. Ils sont plus grands, plus fins avec de longues pattes. Ils sont là pour contenir le groupe, garder le troupeau. La reine émerge de son œuf dans un grand fracas de musique et de lumières, et ouvrent le chemin au troupeau étroitement serrés par ces petits, les entrainant à travers la ville vers une destination inconnue, peut-être l’endroit d’un premier et dernier festin.

Nous créons un univers, une époque, une logique qui n’existe pas, où l’homme ne domine peut-être pas le monde, où l’évolution s’est peut-être déroulée autrement, un monde en contradiction avec celui que nous connaissons, un monde où des extravagances sont possibles.

Dans ce paradoxe, la théorie de l’évolution ne s’applique pas, l’Homme n’est pas au sommet de la chaine alimentaire, au contraire, il est le plus souvent la proie des dominants.
Dans ce paradoxe, les rapports de force sont inversés. Les minuscules sont immenses, l’Homme est tout petit. Il est l’être le plus fragile de la Création, sans défense, la nature ne l’ayant doté ni de carapace, ni d’intelligence.
Que se passerait-il si, déjà équipés de pinces puissantes, de mandibules redoutables, de carapaces robustes, les insectes étaient gigantesques? Et si, en plus de leur sens inné de l’organisation, ils étaient doués d’intelligence?



Diffusion

17-19/05/2014 - Occitanie